0892123456
contact@lesmutuelles.org

Bilan sur les Agences Régionales de Santé

Bilan sur les Agences Régionales de Santé

A l’occasion de son passage au Ministère de la Santé, Roselyne Bachelot a entrepris de nombreuses réformes poursuivant deux objets principaux. D’une part, il s’agissait d’améliorer le système de santé dans sa globalité en agissant sur les vecteurs accessibles tant auprès des professionnels de santé que des assurés médicaux. D’autre part, la Ministre a très rapidement exprimé la volonté de participer à la réduction de la crise de la protection sociale sur le territoire hexagonal. En effet, la situation de l’Assurance Maladie était devenue très préoccupante dans la mesure où la Sécurité Sociale connaît des déficits considérables. De plus, les mutuelles santé éprouvaient de grandes difficultés à faire face aux répercussions liées à ce retrait massif de l’Assurance Maladie. Or, les mutuelles santé intervenant à titre complémentaire, la réalisation des remboursements habituels est d’autant plus difficile à assumer sans appliquer de hausse significative des cotisations.

En outre au-delà de ces deux objectifs, elle a mis en place des Agences Régionales de Santé qui viennent de célébrer leur premier anniversaire en ce début de mois d’Avril. Néanmoins, ces organismes sont aujourd’hui fortement critiqués par la CSMF : « En effet si le principe des ARS, favoriser au niveau régional une meilleure organisation et coordination des différents acteurs du système de soins, notamment entre l’hôpital et la ville, partait d’une bonne intention, la réalité constatée aujourd’hui est bien celle d’une étatisation de la santé. Tout d’abord, la mise en place, par les ARS, des organes de la gouvernance régionale de la santé, dont les Conférences Régionales de Santé et de l’Autonomie (CRSA), s’est traduite par l’attribution de strapontins aux médecins libéraux. En Ile-de-France, par exemple, les libéraux de santé avec leur Centre Régional des Professions de Santé (CRPS) se sont livrés à un bras de fer musclé avec l’ARS pour obtenir la place qui leur revient dans la CRSA. » Toutefois, il est de bon aloi de ne pas tirer de conclusions trop hâtives dans la mesure où tout nouveau processus doit être pris en considération sur le long terme.

Alors qu’elle a été fortement critiquée en raison de sa gestion de l’épisode de la grippe H5N1 sur le territoire hexagonal, Roselyne Bachelot ne laisse visiblement pas un souvenir impérial au corps médical. En effet, la CSMF formule de vives critiques à l’endroit des Agences Régionales de Santé fondées par l’ancienne Ministre de la Santé. Néanmoins, il convient de noter que le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2011 auquel elle a participé, est à l’origine de l’engagement d’un processus des dépenses en matière de protection sociale. Ainsi, l’Assurance Maladie a diminué le niveau de remboursement de certains médicaments, ce qui a naturellement pour effet d’augmenter la part de remboursement des mutuelles santé. C’est pourquoi, les mutuelles santé sont contraintes de procéder à des augmentations tarifaires aboutissant à une plus grande difficulté pour les citoyens Français d’y adhérer. Toutefois, l’Assurance Maladie délivre des chèques spécifiques destinés aux personnes les moins aisées afin d’adhérer à une mutuelle santé car cela devient aujourd’hui quasiment indispensable tant le régime obligatoire devient défaillant.

Toutefois pour en revenir à ces Agences Régionales de Santé, la CSMF se montre extrêmement critique et étaye ses propos par le biais d’exemples précis relativement convaincants : « Certaines ARS considèrent la médecine ville comme la variable d’ajustement de l’hôpital, et plusieurs conflits ont, d’ailleurs, éclaté à ce sujet, notamment, dans le Nord-Pas-de-Calais où l’offre de soins libérale en cardiologie interventionnelle a été diminuée au profit des établissements publics, ainsi qu’en Champagne-Ardenne et à Rouen. » En conséquence, il nous appartient désormais d’attendre de savoir si le nouveau Ministre de la Santé, Xavier Bertrand, se montrera réceptif vis-à-vis de ces revendications. Néanmoins, l’ancien Secrétaire Général de l’UMP s’est toujours montré à l’écoute de la CSMF jusqu’à présent, donc cela devrait être le cas encore une fois. En revanche, il s’agira pour lui de ne pas désavouer de manière trop prégnante celle qui a précédemment occupé ses fonctions actuelles.